Journal Schweiz Arch Tierheilkd  
Verlag GST  
Heft Band 168, Heft 9,
septembre 2026
 
ISSN (print) 0036-7281  
ISSN (online) 1664-2848  
online seit 01 septembre 2026  
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«Une occasion unique de suivre une formation pratique»

Nicole Jegerlehner

Comment ramener un animal blessé de l’alpage dans la vallée? Un cours organisé par la Rega prépare les étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire aux opérations de sauvetage par hélicoptère.

Le veau regarde vers le bas d’un air un peu perplexe lorsque l’hélicoptère décolle et le soulève dans les airs. Il reste toutefois calme pendant que l’appareil survole la prairie et le redépose au sol après avoir décrit un tour complet. Une fois au sol, il est accueilli par un assistant de vol, un vétérinaire et plusieurs étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire. Le 24 juin, la Garde aérienne suisse de sauvetage (Rega), en collaboration avec la faculté Vetsuisse de Zurich, a organisé à Studen, dans le canton de Schwyz, un cours consacré aux interventions héliportées, auquel ont participé une quarantaine d’étudiantes et étudiants.

Assistant de vol à la Rega, Daniel Kränzlin a organisé cette formation pour la deuxième fois. Elle s’adresse aux étudiantes et étudiants de quatrième année qui ont choisi les orientations «grands animaux» et «chevaux». «Nous avons besoin de relève parmi les vétérinaires pour grands animaux», explique Daniel Kränzlin. «Ce cours nous permet de leur montrer ce qui les attend à l’alpage et de les préparer à une intervention.»

Chaque saison estivale, la Rega reçoit entre 1000 et 1500 appels pour des vols d’évacuation d’animaux. La Rega en assure elle-même un peu moins de 10 %, les autres vols étant confiés à des entreprises partenaires. En moyenne, un vol d’évacuation d’animaux coûte environ 1500 francs. Si le propriétaire des animaux est donateur de la Rega, celle-ci peut le décharger de ces frais.

La théorie d’abord

Le matin, avant de pouvoir approcher l’hélicoptère et les animaux, les étudiantes et étudiants apprennent à guider un hélicoptère depuis le sol et à préparer une intervention. Ruedi Keller, du Service de sauvetage des grands animaux de Suisse et du Liechtenstein (GTRD CH/FL), explique qu’au départ, seuls les bovins étaient transportés par hélicoptère. «Il y a une trentaine d’années, nous avons toutefois commencé à organiser le transport de chevaux par hélicoptère.» Alors que les bovins peuvent généralement être évacués par hélicoptère sans sédation, les chevaux doivent toujours être sédatés. «Une bonne sédation est indispensable pour protéger la vie humaine et animale», explique Ruedi Keller. Plus tard, Christian Gerspach et Toni Fürst, les deux professeurs de la faculté Vetsuisse de Zurich qui proposent ce cours à leurs étudiantes et étudiants, insistent eux aussi sur ce point.

Le vétérinaire Silvan Abgottspon raconte ses interventions. «Il est important que vous disposiez d’un maximum d’informations avant de vous rendre à l’alpage.» Chaque intervention auprès d’un animal malade ou blessé est différente. «Il faut souvent improviser – mais c’est aussi ce qui rend les choses passionnantes.» Dès qu’un hélicoptère entre en scène, tout le monde est stressé. «Prenez toutefois le temps nécessaire.» En cas de fracture, il est particulièrement important d’immobiliser le membre à l’aide d’une attelle et d’un plâtre afin d’éviter que la fracture ne s’ouvre pendant le vol.

Lors d’une intervention de sauvetage à l’alpage, c’est toujours la ou le vétérinaire qui dirige les opérations, explique Silvan Abgottspon. «Mais la clé du succès réside dans la collaboration entre les différents partenaires: l’agriculteur, la Rega et, selon les cas, le Service de sauvetage des grands animaux.»

Mettre en place les filets

L’après-midi, les étudiantes et étudiants passent à la pratique. Les animaux sont évacués par hélicoptère au moyen d’un filet de sauvetage et de transport d’animaux, placé sous leur ventre et entre leurs pattes. Avec deux chevaux, une vache et deux poneys, le groupe s’entraîne à installer les filets et apprend à tenir compte des particularités de chaque espèce.

Les futurs vétérinaires apprennent aussi à guider un hélicoptère depuis le sol: «Toujours avec le vent dans le dos: ainsi, l’hélicoptère a le vent de face», explique Daniel Kränzlin. Les étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire montent à bord de l’hélicoptère alors que les rotors tournent, puis survolent Studen et le lac de Sihl.

Une fois les exercices terminés, les choses sérieuses commencent: les étudiantes et étudiants préparent les deux chevaux et le veau de la vache allaitante pour leur évacuation. Cette fois-ci, ils mettent des bouchons d’oreille aux chevaux et leur passent une cagoule noire. Une étudiante leur administre un sédatif. Le veau, lui, n’a pas besoin d’être sédaté. «Les vaches sont plutôt zen», dit Silvan Abgottspon.

Et voilà l’hélicoptère qui arrive: l’assistant de vol saisit le crochet fixé au câble de levage, l’accroche au filet de sauvetage et de transport du veau, vérifie une dernière fois que toutes les cordes sont bien fixées, puis donne le signal au pilote pour le décollage. Le veau effectue ensuite un deuxième vol, et les deux chevaux font eux aussi un tour dans les airs, afin que toutes et tous puissent s’entraîner à préparer le départ des animaux et à les réceptionner. Peu de temps après leur arrivée, le veau est de nouveau auprès de sa mère, et les chevaux paissent paisiblement.

Chadieja Benredjem est ravie de cette journée particulière: «C’était une occasion unique de suivre une formation pratique aux côtés de professionnels», déclare l’étudiante en médecine vétérinaire. «Nous sommes désormais bien préparés aux interventions d’urgence.»

Le veau vole sereinement avec la Rega. © SVS
 
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