Communication de l'association
Elle part un an au Panama en tant que «Floating Doctor»
Saskia Grieder œuvre pour une organisation humanitaire en Amérique centrale. Elle y soigne les animaux des communautés indigènes qui n’auraient autrement aucun accès aux soins vétérinaires.
Après avoir obtenu son titre FVH en mars dernier, cette vétérinaire pour petits animaux partira en avril prochain pour le Panama, où elle travaillera pendant un an avec son partenaire Nicolas Gürtler, médecin, pour l’organisation américaine à but non lucratif «Floating Doctors». «Nous cherchions un projet sur lequel nous pourrions tous les deux travailler, et dans un pays hispanophone», explique Saskia Grieder.
Depuis 2011, «Floating Doctors» mène un programme sanitaire et communautaire au Panama. Des médecins, des dentistes, des vétérinaires ainsi que des étudiantes et étudiants du monde entier s’engagent bénévolement et se rendent dans des communautés indigènes isolées de la jungle, qui n’auraient autrement accès à aucun soin médical. «Ces personnes vivent dans des régions reculées et sur des îles. Elles n’ont souvent accès ni à un médecin ni à un vétérinaire, et n’ont généralement pas les moyens de se payer des soins médicaux», explique Grieder.
En route avec leurs hamacs
Les «Floating Doctors» sont basés sur une île de la province de Bocas del Toro, d’où les équipes médicales se rendent dans les villages. L’objectif est d’assurer une présence tous les trois mois dans les villages afin de garantir une prise en charge médicale continue. «Parfois, il s’agit d’excursions d’une journée, parfois nous restons plusieurs jours dans une communauté, car le trajet est très compliqué», explique Saskia Grieder. Après un long trajet en bateau, il faut encore marcher avec des ânes bâtés, avant de passer la nuit dans des hamacs.
Si les «Floating Doctors» comptent beaucoup de bénévoles issus du domaine de la médecine humaine, les vétérinaires ne sont quant à eux pas encore très nombreux. Saskia Grieder ne sait pas encore si elle sera seule ou si une ou un deuxième vétérinaire rejoindra l’équipe. «Je l’espère, à la fois pour pouvoir échanger et parce que le travail est plus facile à quatre mains.» Une vingtaine de personnes vivent généralement sur la base: six médecins, deux à trois dentistes, un ou deux vétérinaires et une dizaine d’étudiantes et étudiants en médecine humaine.
Pratiquer avant le départ
Saskia Grieder travaille actuellement dans une clinique pour petits animaux. «En Suisse, nous proposons des soins médicaux de haut niveau, allant des vaccinations au traitement de cas complexes.» En partant pour le Panama, cette jeune femme de 32 ans recherche délibérément une médecine plus simple. Les anesthésies sont exclusivement administrées par voie intramusculaire et seuls des médicaments de base et des outils rudimentaires sont disponibles; il n’y a pas de microscopes, par exemple.
Saskia Grieder veut s’y préparer. «Je ne veux pas seulement m’entraîner une fois sur place, mais déjà acquérir les connaissances nécessaires au préalable.» C’est la raison pour laquelle, en mars, elle se rendra en Grèce avec une vétérinaire de la Fondation Susy Utzinger pour la protection animale afin de castrer des chiens et des chats errants, et d’effectuer des opérations vitales et analgésiques. «Pendant mes études, j’ai eu peu d’occasions de suivre une formation chirurgicale pratique; je rattrape donc mon retard aujourd’hui.» Cette formation permet également à la jeune vétérinaire de se libérer d’une certaine pression. «Je veux être bien préparée et pouvoir aider immédiatement.»
Des maladies peu courantes
Comme les «Floating Doctors» ne voient leurs patientes et patients que tous les trois mois, il peut arriver qu’une maladie s’aggrave considérablement entre-temps. Saskia Grieder est aussi confrontée à des pathologies peu courantes: la Lucilie bouchère, par exemple, qui avait presque disparu, se propage actuellement à un rythme effréné. «Certains jours, il faut beaucoup improviser pour soigner les animaux du mieux possible», explique Saskia Grieder, qui prendra principalement en charge des chiens, des cochons et des chats.
Sur le plan financier, cette année au Panama s’annonce également difficile. Saskia Grieder recevra 125 dollars par semaine pour couvrir ses frais, et du dimanche soir au vendredi soir, les «Floating Doctors» prendront en charge les frais d’hébergement et de restauration. La vétérinaire devra toutefois couvrir elle-même les frais de nourriture et d’hébergement pour les week-ends, le voyage, les assurances, la caisse-maladie en Suisse, la cotisation à l’AVS, ainsi que les frais de stockage temporaire de ses biens personnels en Suisse. C’est pourquoi le Fonds de secours de la Société des Vétérinaires Suisses (SVS) lui apporte un soutien financier pendant son année à l’étranger. «Je suis très heureuse de bénéficier de cette aide, c’est un immense soulagement.»
Le Fonds de secours de la SVS
L’ancienne œuvre caritative «Caisse de décès et fonds de secours» de la Société des Vétérinaires Suisses (SVS) est devenue la fondation Fonds de secours de la SVS. Aujourd’hui, sa mission principale est de soutenir la formation continue des vétérinaires après l’examen d’État: une bourse d’un montant maximal de 10 000 francs peut permettre ou du moins faciliter l’entrée dans la vie professionnelle. Le fonds prend notamment en charge les frais de laboratoire pouvant survenir dans le cadre d’une thèse. Pendant la pandémie de Covid-19, les étudiantes et étudiants ayant perdu les revenus de leurs emplois à temps partiel pendant le confinement ont reçu une aide financière. La fondation apporte également son soutien financier à des projets favorisant la santé des vétérinaires. Ainsi, le Fonds de secours versera chaque année, jusqu’en 2027, une somme de 10 000 francs pour couvrir les frais opérationnels de la hotline «SOSforVets» de la SVS. Il soutient désormais également la vétérinaire Saskia Grieder, qui travaillera pendant un an pour les «Floating Doctors» au Panama. Käthi Brunner, la présidente du Fonds de secours, déclare: «Nous sommes heureux de soutenir nos jeunes collègues dans leurs efforts pour améliorer la santé des animaux et de leurs propriétaires, y compris à l’étranger, à titre exceptionnel.»
