Journal Schweiz Arch Tierheilkd  
Verlag GST  
Heft Band 168, Heft 1,
janvier 2026
 
ISSN (print) 0036-7281  
ISSN (online) 1664-2848  
online seit 06 janvier 2026  
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Communication de l'association

Chats: enregistrement ­obligatoire de tous les chats et castration obligatoire des chats d’extérieur non pucés

Nicole Jegerlehner

Dans un papier de position, la SVS s’engage en faveur d’une obligation nationale de puçage des chats et demande la castration des chats d’extérieur non pucés. Le papier a été approuvé par la Conférence des présidents.

La population féline en Suisse a fortement augmenté ces dernières années. On compte aujourd’hui environ deux millions de chats vivant avec des propriétaires. À cela s’ajoute un nombre inconnu, mais probablement élevé, de chats sans propriétaire. Il en résulte de nombreuses populations de chats sauvages, dont certains sont en très mauvaise santé. Malgré des campagnes de castration à grande échelle, la situation ne semble pas s’améliorer, mais plutôt se détériorer progressivement.

La Société des Vétérinaires Suisses (SVS), en collaboration avec sa Commission Bien-être animal, ses sections Association suisse pour la médecine des petits animaux, Association vétérinaire suisse pour la protection des animaux, Association vétérinaire suisse pour la médecine comportementale ainsi qu’Association suisse de médecine de la faune et des animaux exotiques, a élaboré le papier de position «Enregistrement obligatoire de tous les chats et castration obligatoire des chats d’extérieur non pucés».

Conseil fédéral favorable

Sarah Prasse, responsable du domaine Bien-être animal au secrétariat de la SVS, a présenté le papier de position lors de la Conférence des présidents du 20 novembre à Berne: «Les organisations de protection des animaux réclament depuis longtemps la castration obligatoire de tous les chats d’extérieur.» Elle a rappelé que, début 2025, le Conseil fédéral s’était prononcé en faveur d’un enregistrement obligatoire des chats au niveau national, mais que le Conseil national avait rejeté en mai la motion correspondante de la conseillère nationale zurichoise Meret Schneider.

Le papier de position de la SVS exige désormais le puçage et l’enregistrement de tous les chats, ainsi que la castration des chats sans propriétaire, c’est-à-dire ceux qui ne sont pas pucés. Selon la SVS, cette mesure permettrait de freiner la prolifération incontrôlée des chats. L’association souligne également le problème des chats trouvés non pucés. Ces animaux ne pouvant être attribués à aucun propriétaire, leur prise en charge est particulièrement difficile. Lorsqu’un chat trouvé a besoin d’un traitement urgent pour rester en vie ou qu’une euthanasie immédiate est envisagée en raison d’un pronostic défavorable, il serait très utile pour les vétérinaires de pouvoir déterminer rapidement s’il a un propriétaire ou non. À cela s’ajoute le fait que les animaux trouvés sont souvent placés pendant des mois dans des refuges déjà surchargés.

De plus, les communes et les organisations pourraient réaliser d’importantes économies sur les coûts actuellement engagés pour la prise en charge des chats errants et la recherche souvent vaine de leurs propriétaires. L’enregistrement constitue par ailleurs une base précieuse pour les analyses relatives à la protection des animaux. Les données collectées facilitent l’examen et le traitement de questions centrales telles que la sélection de caractères extrêmes, le commerce des chats, l’âge minimum d’adoption, la vente sur les plateformes en ligne et les chats hybrides.

Un danger pour la faune sauvage

L’augmentation constante de la population féline constitue également un problème pour la faune sauvage. En Suisse, les chats d’extérieur capturent en moyenne 1,8 million de mammifères et 200 000 oiseaux par mois au printemps. Ils menacent en particulier les espèces vivant près du sol, à proximité des zones habitées et déjà menacées, comme les amphibiens, les reptiles, les chauves-souris et certains oiseaux. Cette situation peut même entraîner la disparition locale de populations entières.

La SVS réclame la castration obligatoire des chats non pucés, car une obligation générale de castration risquerait de priver les chats de leur liberté et d’entraîner une augmentation des importations d’animaux. «Il est donc judicieux de laisser le choix aux propriétaires. Les personnes qui font pucer leur chat ne sont pas tenues de le faire castrer: le chat peut continuer à sortir librement et c’est à la ou au propriétaire de décider s’il peut se reproduire», précise le papier de position. La puce permettrait également d’identifier facilement les propriétaires de chats qui laissent leurs animaux se reproduire de manière excessive, par exemple dans une ferme, de les signaler au service vétérinaire et, le cas échéant, de leur adresser un avertissement ou une sanction.

Le papier de position a été approuvé par la Conférence des présidents de la SVS.

 

La Conférence des présidents a eu lieu le 20 novembre à Berne. © SVS

Budget, recommandations salariales et un départ

La Conférence des présidents de la SVS (CP) a également adopté le budget pour 2026. Pour des charges totales d’environ 2,88 millions de francs, le budget prévoit un bénéfice de près de 18 000 francs. La situation financière de la SVS peut être qualifiée de réjouissante. Les droits de licence annuels de l’Office de gestion des vétérinaires OGV, à hauteur de 587 670 francs, demeurent une source de revenus importante. Du côté des dépenses, la situation s’annonce stable dans la nouvelle période budgétaire 2026. L’an prochain, l’ensemble de l’informatique de la SVS sera passé au crible. Une analyse exhaustive devra permettre de décider avec quelle structure et quels outils l’association travaillera à moyen et à long terme. L’enveloppe budgétisée doit garantir une sécurité en termes de contenu, de durée et de finances.

La SVS publie régulièrement des recommandations salariales non contraignantes. S’appuyant sur la proposition du groupe de travail Recommandations salariales et sur l’évaluation économique globale de la Commission Économie, le Comité de la SVS a proposé d’augmenter globalement les salaires des vétérinaires-assistants de 0,3 % et de réduire leur temps de travail hebdomadaire d’une demi-heure pour le porter à 44 heures. Le Comité a aussi recommandé une augmentation de salaire globale de 1 % pour les assistantes et les assistants en médecine vétérinaire (AMV), ainsi qu’une augmentation de salaire de 10 francs par mois pour les apprenties et les apprentis AMV de toutes les années d’apprentissage. La conférence a approuvé ces recommandations.

Dans la plupart des cantons, les frais de traitement des animaux sauvages blessés ou des animaux trouvés blessés restent à la charge des vétérinaires qui les traitent. La CP a chargé le Comité de rechercher une possibilité de solution de financement.

Le membre de la SVS Hans Wyss a dirigé l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) jusqu’à sa retraite, en été 2025. Dans ce rôle, il était également assesseur au Comité de la SVS. Le président de la SVS Roberto Mossi a pris congé de lui lors de la CP par ces mots: «Ce n’est un secret pour personne que nos sections et l’OSAV n’étaient pas toujours totalement du même avis. Mais ce que j’ai toujours particulièrement apprécié chez Hans, c’est sa capacité à maintenir le dialogue, à écouter, même lorsque les positions sont tranchées, et à rechercher des solutions pratiques.» Hans Wyss a exprimé ses remerciements, rappelant sa longue histoire au sein de la SVS: il a en effet été assesseur au Comité pendant plus de 20 ans. Il a aussi fait savoir qu’il comptait rester à la disposition de la profession. En l’occurrence dans ses nouvelles fonctions de président du conseil d’administration d’Identitas et de président de Vétérinaires Sans Frontières Suisse.

 
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